ROLAND SABATIER lettrisme

 
 

Ensemble composé de 72 boîtes en carton (33 x 24 cm) contenant chacune une acrylique sur toile et différents objets. Dimensions au sol 230 x 280 cm. ARC 88-013.


Cette œuvre, composée de boîtes identiques juxtaposées, contenant chacune un meuble ou un ensemble de mobilier, concrétise l’idée antique de l’édifice qui est actualisée dans une proposition neuve axée sur le logement ciselant, dense et hermétique, constitué d’une série innombrable de pièces aux dimensions identiques auxquelles l’occupant attribue, à sa convenance et selon ses besoins, les significations ou les usages de son choix.


« Une histoire de l’architecture en signes agencés en fonction et à partir d’une accumulation de transcriptions et d’idéogrammes, acquis ou inventés, issus de cultures différentes, ne reviendrait-il pas à évoquer l’immobilité par la magie incantatoire du rythme ?

Contre l’enluminure qui orne son sujet, l’esthétique et les signes de Roland Sabatier énoncent, à contrario, les préliminaires variables et ésotériques de l’élaboration architecturale. Mise en œuvre d’une cohésion à partir d’éléments hétérogènes, mouvement de l’esprit vers la fusion de ce qui tient tout en évoluant.

Roland Sabatier, un des principaux représentants, depuis vingt-cinq ans, de cette esthétique novatrice fondée sur les éléments de la communication visuelle, aborde ici la problématique complexe, double, de l’écriture de l’architecture et de l’architecture à écritures. De là, son histoire qui sans se représenter, raconte, décrit, induit tant le passé que le futur, désignés comme les étapes quintessentielles, de la forme esthétique du bâtiment.

Sur la base de l’écriture nouvelle, il s’avance jusqu’aux limites où le tableau et le plan, la maquette, se rejoignent pour ne constituer qu’un tout cohérent s’enrichissant et se jouant sans fin des richesses conjuguées de ces deux territoires.

Si devient art toute technique maîtrisée par un style, c’est, ici, non l’histoire de l’architecture qui serait contée, mais la symbolisation de bâtir. La mobilité de la conception dévolue à l’immobilité finale de la construction. Ou encore : perspectives de gratte-ciel vus d’en haut. Perspectives divergentes, mais non bouclées. Suivant la manière dont le regard s’ajuste, l’œil peut y voir des champs labourés par l’écriture, entre les épaisseurs statiques des buildings, des nodules (modules amorphes dans une matrice polycristilline. État primitif du labyrinthe dont toutes les voies ne sont pas conductrices, et en même temps, projet du futur offrant les valeurs hermétiques, concentrées et anéantissantes de l’art de l’édifice.

(…) Dans ce projet esthétique, le thème, enfin reste descriptif dans la mesure où l’écriture ne conclut rien. Qu’elle continue sa circulation propre, sur le même mode, d’une toile à l’autre, jusqu’au thème suivant. Répertoire, catalogue, prétexte à filer les éléments du poly-écriture ou d’hypergraphie à la construction, aux structures cellulaires, à l’enchevêtrement des signes. »

(Tita Reut, Les architectoniques allusives de Roland Sabatier, extraits du catalogue de l’exposition à la Galerie Le Chanjour.)


Expositions :

Galerie Le Chanjour, Nice, dans Roland Sabatier, Histoire de l’architecture, 1988. Partiellement reproduit au catalogue de l’exposition. Texte de Tita Reut.

Centre Pompidou, Paris, dans La ville : art et architecture en Europe (1870-1993),

1993. (52 parties). Reproduit au catalogue pp. 366-367.

Centre de Culture contemporaine, Barcelone, dans Visions urbaines. La ville : art et architecture en Europe (1870-1993), Avril 1994. (52 parties).

Museum of Contemporary art, Tokyo, 24 juillet-16 septembre 1996, dans La ville moderne en Europe (Visions urbaines d’artistes et d’architectes, 1870-1996). Partiellement reproduit au catalogue p.p. 238-239.


Un ensemble distinct composé de 16 boîtes titré Histoire de l’architecture : édifice mono-pièces et archivée ARC 88-012 a été présenté

Foire d’art de Bale, Galerie de Paris, 1988.

Galeria Vivita, Florence, dans l’exposition Lettrisme, 1989.

Musée des Beaux-arts de Toulon, dans Jargonneurs et Ecrituristes (15 nov.-15 déc. 1989. Reproduit au catalogue p. 56.

Reproduit in Manifeste pour la rénovation de l’architecture, éd. AVC et Écritures, 1992.







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HISTOIRE DE L’ARCHITECTURE : LA MAISON IDÉALE (1987-1988)


Installation à la Galerie Le Chanjour de Nice dans le cadre de l’exposition de Roland Sabatier, «Histoire de l’architecture,» en 1988.